L’annonce qui disparaît
Publiée dans un groupe à huit heures, elle est déjà introuvable à midi. Personne ne peut la retrouver, pas même celui qui l’a écrite.
Côte d’Ivoire et diaspora
En baoulé, wagnin se dit de quelqu’un qui a réussi par son travail : il l’a obtenu, il a grandi. Nous en avons fait le nom d’une marketplace, parce que c’est exactement ce qu’on vient y chercher. Un client. Un fournisseur. Un logement. Un métier.
Le commerce entre particuliers marche déjà très bien en Côte d’Ivoire — il se fait dans les groupes, de bouche à oreille, par téléphone. Nous n’avons rien inventé. Nous avons seulement regardé ce qui, chaque jour, fait perdre du temps et de l’argent à des gens honnêtes.
Publiée dans un groupe à huit heures, elle est déjà introuvable à midi. Personne ne peut la retrouver, pas même celui qui l’a écrite.
« Envoie 10 000 pour réserver. » Le transfert part, le numéro ne répond plus. Cela arrive assez souvent pour que chacun connaisse quelqu’un à qui c’est arrivé.
À Man, à Korhogo, à Gagnoa, on vend et on achète aussi. Mais en ligne, tout se passe comme si le commerce s’arrêtait aux portes d’Abidjan.
Un menuisier à Dabou, un groupe électrogène, un studio meublé : au lieu d’éplucher les annonces, publiez votre demande. Ce sont les vendeurs qui viennent à vous. Peu de places de marché le permettent ; c’est pourtant ainsi qu’on cherche vraiment.
Pas seulement la capitale. Le pays entier est ouvert, commune par commune, pour qu’une annonce déposée à Odienné soit trouvable comme une annonce déposée à Cocody.
Nous ne remplissons pas le site de fausses annonces pour paraître plus gros, et nous ne recopions pas celles des autres. Ce que vous voyez ici a été déposé par quelqu’un qui vend vraiment.
Voir l’objet avant de payer. Ne jamais verser d’acompte par Mobile Money à quelqu’un qu’on n’a pas rencontré. Se méfier d’un prix bien trop bas. C’est écrit sur chaque fiche, même quand cela nous fait perdre une transaction.
Une promesse tenue vaut mieux que dix promesses écrites. Voici celles sur lesquelles vous pouvez nous juger.
Quitter le pays n’est pas cesser d’y acheter. On équipe la maison de la famille, on fait livrer un réfrigérateur à Yopougon depuis Paris, on prépare un retour, on cherche un artisan pour un chantier qu’on suivra à distance. Wagnin est écrit pour être utilisé depuis Abidjan comme depuis Montréal : les annonces portent un numéro qu’on peut appeler, une ville qu’on connaît, et un vendeur à qui l’on peut parler.
Wagnin est jeune. Ce nombre est petit, et nous préférons l’écrire nous-mêmes plutôt que de le maquiller : ces deux chiffres sont comptés à l’instant où vous lisez cette page. À ce stade, chaque annonce déposée compte double — elle sert celui qui la publie, et elle rend le site utile au suivant. C’est ainsi qu’un marché commence : quelqu’un pose son étal le premier.
Que vous ayez une chose à vendre, un service à proposer ou seulement quelque chose à trouver, la place est ouverte et l’entrée est gratuite.